Historique

1984, Nous sommes en pleine Deuxième République. Trois amis sont dans le sérail du pouvoir : Philippe Masegabio Nzanzu, Commissaire d’Etat (Ministre), Jean – Roger Mbamba Ganga, Secrétaire d’Etat (Vice – Ministre), Léon Botolo Magoza, Conseiller à la Présidence et Secrétaire – Adjoint du Conseil Exécutif (Gouvernement).

Caractéristiques de ces trois hauts – cadres de l’Etat : contrairement à beaucoup d’autres, ils ont individuellement pris l’option de ne pas s’engager dans les mouvements ésotériques qui pullulent, ni de fréquenter les marabouts et autres féticheurs, comme cela est si courant dans ces milieux.

A l’initiative de l’un d’entre eux, ils décident de se retrouver un soir d’Octobre 1984, chez Philippe, pour échanger sur leur situation socio- professionnelle : comment chercher à répondre à un besoin réel de protection spirituelle, dans ces milieux où chacun a son « protecteur », alors qu’en ce qui les concerne, ils ont l’impression d’être « nus » ?

Au cours de cette rencontre, faite en présence de leurs épouses, en l’occurrence Marie - Jeanne Masegabio, Emilie Mbamba et Valentine Botolo, ils décident de se retrouver régulièrement pour invoquer la protection de Dieu. C’était, en fait la naissance d’un groupe de prières. Et, le choix d’un couple berger s’en est suivi : en présence de l’abbé Alphonse Kibwila, ami des trois couples, qui avait été approché pour un accompagnement spirituel, le couple Botolo a été choisi comme couple berger du groupe. C’était début 1985.

Ce groupe priait d’abord à tour de rôle dans les maisons des membres. Mais, suite à une interdiction par le pouvoir politique, de rassemblements de nuit dans les maisons, les trois amis ont résolu de demander à l’abbé Alphonse Kibwila, alors Curé de la Cathédrale, de les autoriser à prier dans son église. D’où, cette habitude de se retrouver chaque mercredi soir, dans un coin de l’église Notre – Dame du Congo.

Le couple Botolo faisait partie depuis 1981 d’un autre groupe mondain : un « moziki ». Chaque mois, des couples amis de très longue date se retrouvaient à tour de rôle dans la maison de l’un d’entre eux. Il s’agissait des couples : Lumingu, Mbaki, Makani, Mpongo, Makamu et Botolo. C’était des agapes, du rire, de l’argent, bref la bonne vie.

Or, un soir de juin 1984, réunis cette fois – là chez le couple Botolo, Mr Lumingu piquera une crise inattendue et sera paralysé du côté gauche (hémiplégie). Evacué en catastrophe sur Paris, il a pu être sauvé. Mais cet incident a fortement touché les uns et les autres : la mort n’était plus une chimère, c’était une réalité très proche d’eux. Alors qu’ils s’accrochaient à la vie, ils découvrent la réalité de la mort, si proche, si permanente, pouvant survenir à tout moment, « comme un voleur dans la nuit ».